Avec son œuvre, il a épaté la galerie. L’artiste réunionnais Fabio Rouveau (aka bluemonkey974) verra son tableau « When lava meets ocean » (« quand la lave rencontre l’océan »), exposé à Manhattan, New-York. C’est la Van Der Plas Gallery qui a souhaité faire une place à cette sulfureuse représentation de notre île.

Une fierté pour l’artiste dont la passion pour la création remonte à l’enfance. « Je passais des journées entières à la bibliothèque. Je suis issu d’une famille modeste, on n’avait pas les moyens de voyager alors j’avais décrété que mon exutoire et mon unique façon de m’évader du caillou serait la lecture, les encyclopédies, le dessin. En grandissant je me suis intéressé à la photographie noir et blanc, aux tranches de vies, et beaucoup plus tard je me suis mis à la peinture abstraite (acrylique) que j’ai apprise seul », raconte le quadragénaire qui exposé pour la première fois il y 15 ans, à Saint-Pierre.

Ce tableau est arrivé après une traversée du désert. « Trois ans après le décès de ma mère j’ai mis en berne toutes ces passions qui jusque-là m’apportaient une joie de vivre et un réel sentiment de liberté. J’ai repris la peinture abstraite il y a un mois et demi après un coucher de soleil sur la plage avec des amis (avant le couvre feu) », explique-t-il. C’est l’échange avec l’une des personnes présente ce soir-là qui a servi de déclic.

« Ouvrir une fenêtre sur une émotion cachée »

« Lorsqu’elle m’a parlé de sa passion pour la peinture, j’ai ressenti un bouleversement au fond de moi, un peu comme un animal qui se réveille d’une longue léthargie », se souvient le Saint-Pierrois. « Dès le lendemain mon cerveau était en ébullition, je pensais peinture, couleurs, symbolisme. Je m’étais reconnecté à mon enfant intérieur et j’ai voulu représenter la rencontre de deux éléments le feu et l’eau, la lave qui coule et qui épouse l’océan ». Un moment dont il se souviendra longtemps : « J’ai rarement ressenti une joie aussi intense ».

Le lendemain, l’artiste prend une photo de son tableau et fait des recherches pour dénicher une galerie d’art. « La première que j’ai trouvée était à New-York, ville que j’ai visitée il y a quelques années de cela, dont l’énergie créatrice m’avait complètement scotché à l’époque ». Il envoie la photo, son titre et une rapide présentation. « Le lendemain, j’ai une réponse à mon message, le directeur de la galerie m’informe qu’il adore ce tableau, la thématique,  la symbolique des éléments. L’ ‘union is amazing’, dixit le monsieur. Deux jours après j’étais en train d’emballer mon tableau et procéder à l’envoi ». 

Aujourd’hui, le but de bluemonkey974 est de continuer à peindre les émotions. « Je vais rejoindre bientôt l’une des galeries d’art en ligne les plus réputées,  ‘Saatchi art’. Je me suis reconnecté à l’essentiel c’est-à-dire à ma vibration individuelle et j’en suis heureux » Et l’artiste de conclure : «  Si je peux par le biais de ma peinture transférer de la joie, ouvrir une fenêtre sur une émotion cachée, j’aurai réussi ».