Lou, Léa et Clara. Une blonde, une brune et une… bleue. Non elles ne sortent pas tout droit d’une comédie romantique pour ados ni de la Belle au Bois Dormant. Il s’agit de trois artistes qui ont usé de leur talent, leur courage et cette touche féminine qui donne à l’humanité une certaine chaleur, pour monter un salon de tatouage à Saint-Denis.

La boutique à la façade bleue rue Labourdonnais intrigue. Une grande vitre laisse apercevoir un salon avec des fauteuils accueillants, des petites plantes et des œuvres aux murs. Le panneau indique « La Maison Bleue Studio Tattoo ». En entrant, l’accueil y est chaleureux et invite à s’affaler dans le canapé pour discuter de « son projet ».

« Il faut de la psychologie et de l’empathie pour ce moment de réflexion et de création »

C’est comme ça qu’elles appellent les tatouages. « Un tatouage c’est important, délicat et intime, indique Lou, 30 ans, et la plus bavarde de la bande. Il faut de la psychologie et de l’empathie pour ce moment de réflexion et de création ». Elle rappelle en effet qu’un tatouage représente souvent une histoire extraordinaire, un moment d’une grande tristesse ou un sentiment très intime. « Les gens nous confient leur corps et leur confiance », ajoute Léa, 28 ans. Pour elle, le but n’a jamais été de « dessiner seule dans son coin » mais nourrir un rapport humain. « On sent que les femmes sont physiquement plus à l’aise face à une autre femme et que les hommes s’ouvrent plus facilement sur le côté sentimental du tatouage », ajoute-t-elle.

Ces Parisiennes, amies du lycée, ont ainsi travaillé dans des salons dans la capitale avant que Lou ne suive son conjoint à La Réunion et décide de se lancer, enfin, dans l’entreprenariat. Naturellement, c’est avec Léa à ses côtés qu’elle a osé se lancer dans l’aventure. Il y a un an et demi, donc, Maison Bleue est née. Il ne manquait plus que Clara, 28 ans, de Reims, qui a également suivi son copain d’origine réunionnaise, franchissent la porte du salon, son book à la main, pour que le trio soit formé.

Les regarder donne envie de recouvrir son corps d’œuvres d’art. Difficile de se retenir d’admirer de plus près leurs bras et mains colorées. Mais un premier tatouage, il y en a forcément eu un. Pour Léa, c’était un cadeau de son père à l’âge de 15 ans : « Une salamandre tribale dans le dos » et « recouverte depuis longtemps », rie-t-elle. Similaire pour Clara, à 18 ans : « Un margouillat dans le dos ». Comme quoi La Réunion lui était peut-être prédestinée. « Je n’ose pas encore le recouvrir mais bon ». Le tout premier de Lou est également aujourd’hui enfoui. « Un caractère japonais », avoue-t-elle avec le sourire. « On n’a pas les mêmes rêves à 18, 25 ou 30 ans, nos goûts changent ».

« Créer son dessin soi-même et ne pas se faire tatouer un symbole à connotation négative »

Leurs conseils, d’ailleurs, avant tout tatouage : « Bien réfléchir, être sûr de soi, ne pas reproduire le tatouage d’un autre, créer son dessin soi-même et ne pas se faire tatouer un symbole à connotation négative ».

Des conseils qu’elles aimeraient prendre plus de temps à donner. « L’objectif à terme est d’avoir une sale privée, à part, où les clients peuvent partager leur projet avec nous en toute confiance et que l’on puisse en discuter au calme », explique Lou. Le but aujourd’hui est déjà d’être à l’écoute et « qu’ils se sentent comme chez des amis ». D’où le nom « Maison » et la couleur bleue, clin d’œil à l’océan Indien et la transformation de l’encre sous la peau au fil des années.

Pour le moment, c’est gagné. Dans un fauteuil en cuir, un café à la main, à contempler les dernières œuvres d’un artiste local sur le mur du salon. « En tant que zoreils arrivées ici, c’est notre manière de contribuer, explique Lou, pouvoir aider à faire connaître de jeunes artistes locaux ». Il s’agit souvent de leur première exposition.

Que d’art et de créations à la Maison Bleue, ouverte du mardi au samedi. Pour plus d’information, rendez-vous sur leur site internet ou leurs pages FacebookInstagram.