Ils ont pu découvrir d’un peu plus près ces animaux emblématiques qu’on admire généralement de loin. Ce vendredi après-midi, près de 150 marmailles des classes de Saint-Denis, Sainte-Marie et Sainte-Suzanne ont eu le privilège de côtoyer quatre petites boules de plumes : un pétrel de Barau, deux puffins et un paille en queue. Une opération organisée dans le cadre des Nuits sans lumière* par la mairie de Saint-Denis et la Cinor, en partenariat avec la SEOR (Société d’Etudes Ornithologiques de la Réunion) et le Parc national.

« Ils se sont échoués à cause de la pollution lumineuse. Ce type d’oiseau marin décolle des sommets de La Réunion. Ils sont attirés par les lumières artificielles, et au lieu de partir directement en mer, ils s’écrasent au sol », retrace Christian Léger, président de la SEOR, depuis le Barachois. « La taille de leur ailes et de leurs pattes les empêchent ensuite de repartir » .

En danger d’extinction

Heureusement, de bonnes âmes les ont ramassés pour les confier à la SEOR, où les bénévoles se mettent à leurs petits soins jusqu’à ce qu’ils puissent reprendre leur envol. Des gestes importants car certains de nos oiseaux endémiques sont en danger d’extinction (le pétrel de Barau), voire en danger critique d’extinction (le pétrel de Bourbon). « Les enfants doivent savoir que leur île recèle des trésors de biodiversité », commente Christian Léger.

« Ça leur permet de découvrir les richesses de La Réunion, pour qu’ils se les approprient et qu’ils assurent la sauvegarde de toutes ces espèces. Nous devons transmettre ce devoir de citoyen à nos élèves », réagit Yvette Duchemann, élue déléguée au développement durable à la mairie de Saint-Denis. En amont de cette journée, les marmailles avaient déjà été sensibilisés en classe à la protection des oiseaux marins et à la nécessité de réduire la pollution lumineuse, particulièrement en période d’envol. Car c’est l’activité humaine qui les a mis en danger, c’est donc à l’homme de réparer et de s’assurer de leur survie.

Les aider à reprendre leur envol

Après avoir repris du poil de la bête, les jeunes oiseaux sont relâchés. À cause du vent ce vendredi, seuls les puffins, un peu plus vifs, ont pu retrouver leur liberté. Devant des marmailles admiratifs, ils ont déployé leurs ailes et pris la direction de l’océan. Un véritable spectacle. Les autres oiseaux seront relâchés dès que les conditions le permettront.

« J’ai appris qu’il fallait sauver les pétrels, les protéger », résume le petit Even’s, heureux de toutes ces découvertes. Le petit écolier a bien retenu la leçon :« Il faut éteindre les lumières, sinon les pétrels ils vont voir le reflet et ils vont s’échouer ».

Rappelons que la protection des pétrels n’est qu’un objectif parmi d’autres des Nuits sans lumières. S’y ajoutent notamment l’amélioration de la santé, la lutte contre le réchauffement climatique, la préservation des écosystèmes nocturnes ou encore la protection des tortues marines. Que de bonnes raisons de réduire la pollution lumineuse !

Vous avez trouvé un oiseau échoué ? Contactez la SEOR au 0262 20 46 65.

* Nuits sans lumière, du 2 avril au 8 mai
Les 7 raisons d’y participer :

- 1 – Améliorer notre santé
- 2 – Réduire sa facture d’électricité.
- 3 – Diminuer le réchauffement climatique
- 4 – Mieux observer les étoiles
- 5 – Protéger les pétrels
- 6 – Préserver les écosystèmes noctures
- 7 – Protéger les tortues marines