C’est une Réunionnaise qui représente la France au sommet du G(irls)20. Lakia Mounavaraly a été choisie pour participer à cet événement organisé en marge du G20, dont l’objectif est de permettre à des jeunes femmes de transmettre aux grands leaders internationaux des recommandations pour améliorer l’autonomie économique et politique des femmes. Une fierté pour la Dionysienne de 22 ans, étudiante en master Economie et Politiques Publiques à Science Po Paris. Interview.

Comment avez-vous été sélectionnée ?

Le Sommet G(irls)20 rassemble 27 déléguées,  des jeunes femmes entre 18 et 23 ans issues de chaque pays membre du G20 mais aussi de pays observateurs (l’Afghanistan par exemple), d’organisations telles que l’Union Africaine ou encore une représentante des populations indigènes. Une campagne a lieu chaque année où nous sommes amenées à candidater en ligne, pour cela nous devons avoir un projet à mener dans nos territoires/communautés, et des idées de recommandations à faire passer au G20. Il y a eu plusieurs phases où nous avons pu nous entretenir avec les organisatrices du Sommet et j’ai été sélectionnée en mai cette année.
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Que ressentez-vous ?

J’ai commencé à m’engager dans la lutte pour le droit des femmes à La Réunion lorsque j’étais au lycée grâce à une initiative d’une de mes professeures, notamment sur le sujet des violences domestiques. C’est là que tout a débuté et que j’ai commencé à construire ma définition du féminisme, que je poursuis aujourd’hui au travers de mes activités. Lorsque j’ai candidaté à G(irls)20, c’est cette réalité, celle d’une jeune française ultramarine que j’ai voulu mettre en avant, et c’est ça qui a payé ! Je pense que je ne me suis jamais sentie aussi fière d’être réunionnaise, car c’est de là que je tire ma force, j’espère ainsi montrer que nous aussi avons notre mot à dire et notre place dans les instances de décision !

Cette expérience me rend aussi extrêmement humble car j’ai la chance de pouvoir discuter avec des déléguées vivant dans des situations très différentes de la mienne et qui se battent pour un accès aux droits fondamentaux : éducation, hygiène, sécurité. Voir les initiatives qu’elles mettent en place est assez impressionnant.
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Quel sera votre rôle ?
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Ensemble, depuis deux mois nous rédigeons un communiqué sur deux des thèmes qui seront discutés au G20 : « Building inclusitivity in the public and private sector » (traduction : renforcer l’inclusion dans le public et le privé) et « Economic participation through Digitalization and Entrepreneurship »(la participation économique grâce au digital et à l’entreprenariat).

Le but est d’identifier les principales barrières pour les jeunes femmes sur ces deux sujets et proposer une série de recommandations communes qui seront remises aux organisateurs du G20 en Arabie Saoudite. Ce communiqué sera aussi présenté ici en France aux associations et toute organisation souhaitant le réutiliser ! Cette rédaction est assez périlleuse, il faut que le communiqué puisse résonner dans chaque pays, du Pakistan à la France en passant par l’Argentine.

En plus de cela, comme je le disais plus tôt nous sommes chacune venues avec un projet à mettre en place dans nos territoires. Le mien porte évidemment sur les Outre-mer et notamment l’orientation des jeunes filles après le lycée, nous serons coachées pour pouvoir monter ce projet pendant un an, hâte de pouvoir en dire plus prochainement !
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Quel est le programme ?
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Du 12 au 16 octobre, avec toutes les déléguées nous participons à une semaine de coaching intensive (en ligne à défaut de pouvoir se rendre à Riyad où se tient le G20 cette année), durant laquelle nous serons formées à monter une entreprise sociale, mener à bien une levée de fonds, s’exprimer comme un « leader », mais aussi à prendre en compte la santé mentale etc.

Ensuite, le Sommet officiel aura lieu le 24 octobre, il se tiendra en ligne et donc tout le monde pourra le suivre ! Pour cela il suffit de s’inscrire sur le site de G(irls)20. Au programme de la journée, présentation de notre communiqué mais aussi ateliers et conférences avec des personnalités publiques qui agissent pour l’égalité entre les femmes et les hommes. On vous y attend nombreux.ses !
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Comment vous y préparez-vous ?
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Chaque semaine depuis un mois, nous avons des séances de travail via Zoom avec toutes les déléguées ainsi que les organisatrices du Sommet mais aussi des anciennes déléguées, afin de rédiger le communiqué officiel. En dehors de ces séances, nous passons chacune de longues heures à rechercher des informations sur nos sujets respectifs et la position de nos pays. Nous nous appelons aussi régulièrement avec les déléguées afin de faire connaissance puisque nous n’aurons pas l’occasion de nous rencontrer (du moins pas tout de suite !).
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Qu’attendez-vous de cette expérience ?

Grâce à ce programme j’espère non seulement acquérir des compétences concrètes de rédaction de politiques publiques, de plaidoyer, de gestion de projet mais aussi créer un réseau, celui de jeunes femmes motivées et prêtes à s’investir dans cette lutte pour l’égalité.
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Quel métier souhaitez-vous exercer à l’issue de vos études ?

Comme beaucoup d’étudiants même en fin de parcours, c’est une question à laquelle je ne sais toujours pas répondre ! Les sujets sur lesquels je souhaiterais travailler tournent autour de l’économie, du développement, économie de la santé et je sais que je me sens à ma place dans des environnements internationaux, je verrai bien où cela me mène ! Ce qui est sûr c’est que je ferai toujours en sorte de trouver une place pour mon engagement féministe !