Dans deux mois, les fous reprendront le départ du Grand Raid. Une épreuve physique et mentale intense qui demande une bonne préparation. L’ultra-traileur Antoine Guillon, vainqueur du Grand Raid 2015, délivre sept précieux conseils à destination des coureurs. Son message (posté sur les réseaux sociaux) :

« On se prépare des mois voire des années, la plupart d’entre nous a saoulé son entourage avec le « méga événement » du siècle, et finalement, bien souvent le départ est négligé, ce qui conduit au désastre.
Comment éviter le stress, quels sont les pièges à éviter pour partir sereinement avec de bonnes sensations ?

Le premier point est de se présenter au départ dans de bonnes conditions physiques, ce qui sous-entend de s’être bien préparé pour atteindre son pic de forme, puis d’entretenir ce pic tout en réduisant le volume d’entraînement pour être frais le jour J.

Le second point est d’être clairvoyant, honnête avec soi-même, d’avoir analysé le défi à relever pour estimer la barre que l’on peut se fixer. Voir trop grand peut conduire à l’échec quand l’objectif devient inaccessible, facteur de démotivation. Etre heureux d’en découdre, penser au plaisir à venir.

Le troisième point est le matériel ; l’avoir bien entendu essayé à plusieurs reprises, et de préférence dans des conditions similaires. Par forte chaleur, ou sous la pluie pour s’assurer de la bonne étanchéité et / ou respirabilité des vêtements. Le jour J, s’apercevoir que sa capuche ne tient pas en place est un calvaire. Vérifiez aussi votre lampe frontale quelques heures avant la course pour vous assurer que la batterie est toujours au max, même après l’avoir chargée deux jours avant.
Je répète souvent ce conseil, mais ça vaut le coup, car dans un moment de doute ou de fébrilité, il n’est pas rare de prendre un accessoire à peine testé, sur un dernier conseil ou un coup de tête.

Le quatrième point, pardi, c’est le mental ! Il faut être motivé, à 100%, ne pas se voiler la face, accepter par avance qu’il y aura un petit coup de moins bien qui fait partie de la réussite finale. Si le second point est bien travaillé, alors le mental sera au beau fixe !

En cinquième, pour votre confort, avoir un système digestif reposé, et là ce n’est pas simple pour grand nombre. Pourtant, la recette n’est pas compliquée si on la respecte : ne pas stresser son système digestif ! Cela suppose de ne pas ingérer des quantités déraisonnables. Il en faut peu pour recharger les batteries. Faites le plein en quatre ou cinq jours plutôt qu’en deux ou trois boulimiques, et surtout, allégez les deux derniers repas, le minimum nécessaire.

En sixième, évitez le rhume à la con. Pour mettre toutes les chances de son côté, il est bon de booster ses défenses immunitaires pendant la période de gros entraînements qui précède le fameux objectif. Extrait de pépins de pamplemousse, gelée royale…

En septième, s’équiper en conséquence. Sur la ligne de départ, ne soyez pas trop ou pas assez couverts, selon la météo, et surtout, si vous savez par avance que vous devrez enfiler un coupe vent ou des gants d’ici peu, rangez-les à portée de main, autrement vous risquez de ne pas vouloir vous arrêter pour déposer votre sac pour les y chercher.

Bons départs à tous ! »

Photo : Facebook Antoine Guillon