Ils ont pu réfléchir à la lumière de leur expérience sur leur île. Deux Réunionnais, Tristan Dourouguin et Guillaume Robert, font partie des 150 citoyens qui ont été tirés au sort pour intégrer la convention citoyenne pour le climat. Une expérience censée donner la parole aux citoyens pour accélérer la lutte contre le changement climatique. Ce weekend, réunis pour la septième et dernière session, ils ont voté parmi plus de 100 propositions avant des les présenter à la ministre de la Transition écologique, Elisabeth Borne.

« Il faudra attendre et voir les retombées des mesures qui seront adoptées, mais j’ai un espoir (peut-être naïf) que ces conclusions permettront de réduire ne serait-ce qu’un peu les émissions de GES (gazs à effet de serre, ndlr). Nous nous étions fixé l’objectif de faire réduire de 2 degrés le réchauffement climatique et les conclusions suggérées devraient permettre cette réduction indispensable », explique Tristan, étudiant en métropole originaire du Port, pour qui cette convention aura au moins eu le mérite de mettre le problème du changement climatique « au cœur des débats ». 

Pour Guillaume, ce dispositif était bienvenu en ce qu’il a permis aux citoyens de débattre « pour trouver des consensus en s’écoutant, ce que nos politiques même n’arrivent pas à faire dans de nombreux cas ». Pour l’Avironnais « cette convention ouvre la voie à une nouvelle forme de démocratie participative qui permet aux citoyens d’être au plus près de la construction des mesures et des projets. »

Grâce à leur présence, notre île était représentée aux débats. « La Réunion a pu participer à travers Guillaume et moi-même à l’élaboration des mesures et le dépôt d’amendements lorsque cela était nécessaire, non pas seulement pour La Réunion mais pour toutes les outre-mer car nos problématiques sont sensiblement similaires. En bref, on a veillé à ce que nos territoires ne soient pas oubliés dans tout ça », indique Tristan.

Guillaume, qui aurait aimé une place plus conséquente pour les départements et régions d’Outre-mer, s’est servi de La Réunion comme exemple. « À chaque analyse de mesure, j’ai essayé de me mettre en tête les particularités de mon île et plus largement les DROM TOM. La contribution réunionnaise, c’est Tristan et moi-même à travers notre regard sur les mesures », raconte le militant associatif, qui a « constamment échangé et partagé [son] expérience afin de revenir à chaque session avec une maximum d’idées innovantes ». Reste désormais à voir ce que deviendront leurs propositions.